La classe feu L


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L’origine : La normalisation internationale (Années 70)

Avant les années 1970, la lutte contre l’incendie reposait sur l’expérience empirique. C’est avec l’essor industriel et la multiplication des produits chimiques qu’il est devenu vital de créer des catégories universelles pour ne pas aggraver une situation (par exemple, mettre de l’eau sur de l’huile bouillante).


Les ajustements modernes : Classes F et Électrique

Au fil des décennies, le confort domestique et l’urbanisation ont forcé l’ajout de nuances :


L’émergence de la Classe L (2010 – Présent)

L’introduction de la Classe L est la réponse directe à la révolution énergétique du XXIe siècle.

Le constat de carence

Jusqu’à récemment, les batteries au lithium étaient « rangées » par défaut dans la Classe D (métaux). Or, c’était une erreur technique : une batterie lithium-ion ne contient que très peu de lithium métal. C’est un mélange complexe de solvants inflammables (Classe B) et de réactions chimiques internes. Les extincteurs à poudre pour métaux (Classe D) se sont révélés inefficaces face à l’emballement thermique.

L’officialisation

Bien que la norme EN 2 soit lente à se modifier au niveau législatif pur, le terme « Classe L » a été adopté par les fabricants d’extincteurs et les organismes de sécurité civile (comme le CNPP en France) pour désigner :

Cette classe a imposé l’invention de nouveaux agents, comme l’AVD (Aqueous Vermiculite Dispersion), car aucun agent historique ne parvenait à refroidir et isoler simultanément les cellules en feu.


Résumé de l’évolution

ÉpoqueClasses DominantesContexte Industriel
1900-1950Eau et SableChauffage au bois, début du pétrole.
1970A, B, C, DStandardisation européenne et chimie lourde.
2000+ Classe FRestauration rapide et risques domestiques.
2020++ Classe LMobilité électrique et smartphones.

Comprendre le Risque des Batteries au Lithium

Alors que nous connaissons tous les classes A, B, C ou D, une nouvelle catégorie a fait son apparition dans le paysage de la sécurité incendie : la classe L. Cette classification, bien que parfois encore intégrée à la classe D (métaux) ou traitée à part selon les normes locales, désigne spécifiquement les feux impliquant des batteries au lithium-ion.

Pourquoi une classe dédiée ?

Contrairement à un feu de bois ou d’essence, un incendie de batterie au lithium ne brûle pas de manière conventionnelle. Il est le résultat d’un phénomène appelé emballement thermique (thermal runaway). Lorsqu’une cellule est endommagée (choc, surcharge ou chaleur excessive), elle produit sa propre chaleur et son propre oxygène, alimentant une réaction en chaîne quasi impossible à arrêter avec des méthodes standards.


Les caractéristiques d’un feu de classe L

Un feu de batterie lithium se distingue par plusieurs facteurs critiques :


Comment éteindre un feu de classe L ?

L’eau pulvérisée classique peut aider à refroidir les cellules voisines, mais elle n’arrête pas toujours l’emballement interne. Pour cette classe de feu, des agents spécifiques ont été développés :

Agent ExtincteurMode d’action
Vermiculite (AVD)Une suspension aqueuse qui forme une barrière thermique et étouffe le feu.
Gel spécifiqueAdhère aux parois de la batterie pour absorber la chaleur massive.
Immersion totalePlonger l’appareil (ex: un vélo électrique) dans un bac d’eau pour refroidir le cœur sur 24h.

L’histoire de la classification des feux est celle d’une adaptation constante de l’homme face à l’évolution de ses technologies. On ne combat pas un feu de bois comme un feu de serveur informatique ou une batterie de Tesla.

L’agent AVD (Aqueous Vermiculite Dispersion)

L’agent AVD (Aqueous Vermiculite Dispersion) est une véritable petite révolution technologique. Contrairement à la poudre ou au CO2 qui agissent par étouffement chimique ou refroidissement de surface, l’AVD a été conçu pour briser le cycle interne de l’emballement thermique.

Voici comment cela fonctionne :

1. La composition : De la roche et de l’eau

L’AVD est composé de particules de vermiculite (un minéral naturel de la famille des micas) en suspension dans de l’eau.


2. Le mode d’action en trois étapes

Lorsqu’on projette de l’AVD sur une batterie en feu (Classe L), l’agent agit par une triple action simultanée :


3. Comparaison avec les agents classiques

Pourquoi ne pas utiliser simplement de l’eau ?

AgentEfficacité sur Classe LRisque / Limite
Eau pulvériséeFaibleRisque de court-circuit et dispersion des gaz toxiques.
Poudre ABCNulleN’atteint pas le cœur de la batterie, ne refroidit pas.
CO2Très faibleRefroidit en surface mais la batterie repart dès que le gaz s’évapore.
AVDExcellenteSeul agent capable de créer une barrière physique permanente.

L’AVD est écologique (minéral naturel) et non conducteur. C’est aujourd’hui la solution privilégiée pour les centres de recyclage de batteries, les usines de trottinettes électriques et même certains centres de données.


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